| La personnification n'est pas nécessairement aussi évidente que ça. |
S'il fut un temps où la personnification de l'Etat prenait un sens complet - dans le fond et la forme -, il s'agit actuellement du fond, et moins de la forme, qui suit ce procédé.
Pour faire accepter des mesures contraignantes, le système doit avoir recours à des analogies qui touchent l'émotionnel, et court-circuitent ainsi la raison. Quoi de plus émotionnel que les relations sociales ? En transformant l'Etat en une sorte d'entité sociale, qui peut donc séduire et manipuler, on travaille directement dans la conscience, débridant les possibilités d'actions.
Concrètement, cela consiste à attribuer à l'Etat des qualités humaines, et ainsi toute l'infinité de concepts, de morales, et de décisions qui vont avec. Parce que l'esprit de l'humain est infini, l'Etat personnifié l'est aussi dans ses possibilités; l'art de séduire devient politique, l'Etat intègre la société privée, partageant dorénavant tous ses attributs.
Se présentant comme un ami, il palpe nos tissus émotionnels pour trouver le point sensible, outrepassant allègrement tout ce qu'il y a de logique en nous, il ira même jusqu'à nous confondre sur ce qui est rationnel ou pas. Sur cette symbiose de l'Etat et du privé s'appuient les idéologies pour faire accomplir leurs desseins à grands coups de baguette de direction.
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