14 juin 2012

La personnification de l'Etat comme plateforme des idéologies

La personnification n'est pas
nécessairement
aussi évidente que ça.
 Parce qu'une idéologie ça consiste à subordonner la liberté à une, ou des idées, il faut revêtir l'action politique, au service de l'idéologie, d'une légitimité apparente, suffisante pour persuader qu'elle vaut le sacrifice de la liberté. Depuis toujours, la formule qui consiste à effacer - ou rendre floue - la limite entre l'Etat et la société privée a été celle que les grands admirateurs de la force au service de certains intérêts ont employé.


 S'il fut un temps où la personnification de l'Etat prenait un sens complet - dans le fond et la forme -, il s'agit actuellement du fond, et moins de la forme, qui suit ce procédé.
 Pour faire accepter des mesures contraignantes, le système doit avoir recours à des analogies qui touchent l'émotionnel, et court-circuitent ainsi la raison. Quoi de plus émotionnel que les relations sociales ? En transformant l'Etat en une sorte d'entité sociale, qui peut donc séduire et manipuler, on travaille directement dans la conscience, débridant les possibilités d'actions.

 Concrètement, cela consiste à attribuer à l'Etat des qualités humaines, et ainsi toute l'infinité de concepts, de morales, et de décisions qui vont avec. Parce que l'esprit de l'humain est infini, l'Etat personnifié l'est aussi dans ses possibilités; l'art de séduire devient politique, l'Etat intègre la société privée, partageant dorénavant tous ses attributs.
 Se présentant comme un ami, il palpe nos tissus émotionnels pour trouver le point sensible, outrepassant allègrement tout ce qu'il y a de logique en nous, il ira même jusqu'à nous confondre sur ce qui est rationnel ou pas. Sur cette symbiose de l'Etat et du privé s'appuient les idéologies pour faire accomplir leurs desseins à grands coups de baguette de direction.


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